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	<title>Commentaires sur : Sexualité, inégalité</title>
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	<description>Proverbes, citations, pensées diverses...</description>
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		<title>Par : kakk</title>
		<link>http://legrosreal.wordpress.com/2008/01/05/sexualite-inegalite/#comment-6</link>
		<dc:creator>kakk</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Jul 2008 19:15:27 +0000</pubDate>
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		<description>Les historiens nous apprennent que pendant longtemps, les mariages ont obéi à des règles qui n&#039;avait rien à voir avec le sentiment ou le désir d&#039;être heureux: c&#039;était la nécessité de préserver le patrimoine familial, des raisons de propriété et de richesse, qui déterminaient la &quot;valeur&quot; qu&#039;on (le père) accordait aux potentiel/les époux/ses.

Certes. Les injustices et inégalités ont toujours eu cours. La frustration, la compétition aussi. Pourtant, Houellebecq semble trouver quelque réconfort dans la nostalgie d&#039;une organisation tradionnelle de la société et de la famille qu&#039;il transforme en illusoire éden (quand il y avait au moins des interdits, quand au moins l&#039;adultère était réprimé, quand au moins on n&#039;avait pas le choix...).

Pire: le réconfort, il la trouve dans cette abjecte création post-moderne qu&#039;est la banalisation de la prostitution -- un service pour lequel il n&#039;aurait même plus à payer (comme dans l&#039;adultère, il faut que l&#039;usage de l&#039;autre soit gratuit...). Dans l&#039;imaginaire de Houellebecq, il y a, au bout, l&#039;idée d&#039;une humanité sans sexualité, sans besoin de reproduction, libérée de cette nécessité ou cette lutte-là pour la survie de l&#039;espèce (c&#039;est &quot;Les particules élémentaires&quot;) -- mais aussi le rêve d&#039;une sexualité facile, gratuite, qui n&#039;exige rien de soi, aucun échange (il faut voir combien Valérie, dans &quot;Plateforme&quot;, est une coquille vide, sans volonté, un désir en creux). La prostitution a toujours été l&#039;exutoire disponible aux hommes, qu&#039;ils soient vainqueurs ou perdants. Mais là, avec Houellebecq, elle devient le dernier repère du bonheur dans ce monde où le &quot;perdant&quot; n&#039;a de toutes manières qu&#039;un seul avenir: tout détruire, abuser de tout et de tout le monde.

Que fait le narrateur dans &quot;Extension du domaine de la lutte&quot;? IL POUSSE UN HOMME À TUER SON RIVAL. C&#039;est la solution qu&#039;il trouve, comment il réagit à l&#039;impuissance à laquelle il se sent acculé. Et c&#039;est à mon avis davantage le recours à une forme régressive, primitive d&#039;un darwinisme social débile que l&#039;application de la &quot;loi du marché&quot; à ce &quot;marché des séductions&quot;. Car le narrateur ne tuera pas lui-même, non; il convainquera un homme que la seule chance qu&#039;il lui reste est le meurtre; il amènera, par le discours (le pouvoir des mots, c&#039;est la seule chose qu&#039;il lui reste), un autre homme à choisir cette voie: à défaut de pouvoir &quot;s&#039;en payer&quot; une, qu&#039;il prenne la vie de ceux qu&#039;il rend responsable de sa frustration et de son impuissance. Même le viol ne lui apporterait pas un tel sentiment de puissance.

Certes, le personnage en question ne commettra pas ce meurtre. Sa lâcheté, sa faiblesse est telle qu&#039;il n&#039;arrive pas même à pousser le &quot;système&quot; à sa limite, à sa défaillance. Mais l&#039;aporie est là, dans le désir que le narrateur fait entendre: que les autres se chargent de tout faire péter à sa place, pour lui. &quot;Plateforme&quot; se termine aussi sur un scénario apocalyptique, un scénario de vengeance accomplie à coup de bombes et de morts en masse, qui emporte jusqu&#039;à la possibilté du bonheur que le narrateur avait enfin trouvée.

C&#039;est en somme la logique du cynique: celui qui ne peut rien peut au moins participer à l&#039;avènement du PIRE.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Les historiens nous apprennent que pendant longtemps, les mariages ont obéi à des règles qui n&#8217;avait rien à voir avec le sentiment ou le désir d&#8217;être heureux: c&#8217;était la nécessité de préserver le patrimoine familial, des raisons de propriété et de richesse, qui déterminaient la &#8220;valeur&#8221; qu&#8217;on (le père) accordait aux potentiel/les époux/ses.</p>
<p>Certes. Les injustices et inégalités ont toujours eu cours. La frustration, la compétition aussi. Pourtant, Houellebecq semble trouver quelque réconfort dans la nostalgie d&#8217;une organisation tradionnelle de la société et de la famille qu&#8217;il transforme en illusoire éden (quand il y avait au moins des interdits, quand au moins l&#8217;adultère était réprimé, quand au moins on n&#8217;avait pas le choix&#8230;).</p>
<p>Pire: le réconfort, il la trouve dans cette abjecte création post-moderne qu&#8217;est la banalisation de la prostitution &#8212; un service pour lequel il n&#8217;aurait même plus à payer (comme dans l&#8217;adultère, il faut que l&#8217;usage de l&#8217;autre soit gratuit&#8230;). Dans l&#8217;imaginaire de Houellebecq, il y a, au bout, l&#8217;idée d&#8217;une humanité sans sexualité, sans besoin de reproduction, libérée de cette nécessité ou cette lutte-là pour la survie de l&#8217;espèce (c&#8217;est &#8220;Les particules élémentaires&#8221;) &#8212; mais aussi le rêve d&#8217;une sexualité facile, gratuite, qui n&#8217;exige rien de soi, aucun échange (il faut voir combien Valérie, dans &#8220;Plateforme&#8221;, est une coquille vide, sans volonté, un désir en creux). La prostitution a toujours été l&#8217;exutoire disponible aux hommes, qu&#8217;ils soient vainqueurs ou perdants. Mais là, avec Houellebecq, elle devient le dernier repère du bonheur dans ce monde où le &#8220;perdant&#8221; n&#8217;a de toutes manières qu&#8217;un seul avenir: tout détruire, abuser de tout et de tout le monde.</p>
<p>Que fait le narrateur dans &#8220;Extension du domaine de la lutte&#8221;? IL POUSSE UN HOMME À TUER SON RIVAL. C&#8217;est la solution qu&#8217;il trouve, comment il réagit à l&#8217;impuissance à laquelle il se sent acculé. Et c&#8217;est à mon avis davantage le recours à une forme régressive, primitive d&#8217;un darwinisme social débile que l&#8217;application de la &#8220;loi du marché&#8221; à ce &#8220;marché des séductions&#8221;. Car le narrateur ne tuera pas lui-même, non; il convainquera un homme que la seule chance qu&#8217;il lui reste est le meurtre; il amènera, par le discours (le pouvoir des mots, c&#8217;est la seule chose qu&#8217;il lui reste), un autre homme à choisir cette voie: à défaut de pouvoir &#8220;s&#8217;en payer&#8221; une, qu&#8217;il prenne la vie de ceux qu&#8217;il rend responsable de sa frustration et de son impuissance. Même le viol ne lui apporterait pas un tel sentiment de puissance.</p>
<p>Certes, le personnage en question ne commettra pas ce meurtre. Sa lâcheté, sa faiblesse est telle qu&#8217;il n&#8217;arrive pas même à pousser le &#8220;système&#8221; à sa limite, à sa défaillance. Mais l&#8217;aporie est là, dans le désir que le narrateur fait entendre: que les autres se chargent de tout faire péter à sa place, pour lui. &#8220;Plateforme&#8221; se termine aussi sur un scénario apocalyptique, un scénario de vengeance accomplie à coup de bombes et de morts en masse, qui emporte jusqu&#8217;à la possibilté du bonheur que le narrateur avait enfin trouvée.</p>
<p>C&#8217;est en somme la logique du cynique: celui qui ne peut rien peut au moins participer à l&#8217;avènement du PIRE.</p>
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